Prochain concert

Georg Friedrich HAENDEL
ISRAEL IN EGYPT
(1739)

 

Cette année 2017, Cantabile, chœur symphonique neuchâtelois, se consacre au grandiose oratorio de G. F. Haendel Israel in Egypt.

Le nombreux public qui a assisté aux concerts de 2016 du Requiem de Mozart, donnés par Cantabile et l’ESN, a pu apprécier en première partie son œuvre inspiratrice : The Ways of Zion Do Mourn, qu’Haendel avait composée pour la mort de sa protectrice Caroline de Brandebourg-Ansbach. Or, cette œuvre funèbre devait fournir au compositeur, moyennant qu’il en récrive le texte, la première partie d’un oratorio destiné au succès : Israel in Egypt, créé en avril 1739. Par la suite, Haendel jugea cette première partie superflue et depuis lors, les IIe et IIIe parties originelles seules sont le plus souvent données en concert.

Israël in Egypt se distingue fortement de bien des oratorios de Haendel: la majeure partie de l’œuvre est dévolue au chœur (jusqu’à huit numéros d’affilée), parsemée d’airs pour solistes (des duos pour deux sopranos, pour alto et ténor, pour deux basses, quelques airs pour voix seule et quelques récits du ténor) alors qu’on attend en général une forme d’opéra, sans mise en scène certes, mais où les solistes et leur nombreux personnages tiennent les premiers rôles, le chœur commentant l’action.

C’est qu’en effet, contrairement à bien des modèles du genre, l’«intrigue» de cet oratorio est mince. Ne se «raconte» que la sortie d’Israël d’Egypte : un récit mis en musique par Haendel sans personnage qui prenne la parole. Le chœur ou les solistes nous rappellent simplement le récit biblique: dans la «première» partie : le cri de détresse d’Israël en captivité, les dix plaies d’Egypte, la sortie d’Israël entre les flots de la Mer Rouge écartés sur son passage, les cavaliers égyptiens engloutis par la mer qui se referme. Dans la «seconde» partie, moins d’action encore: le chœur et les solistes n’entonnent que des chants de louange ou de glorification à Dieu.

Si les moyens dramaturgiques d’Israël in Egypt sont très limités, les moyens musicaux déployés sont quant à eux conséquents et admirablement variés : récits, airs à l’italienne, duos, grands chœurs de congrégation, chœurs violents, méditatifs, allègres, grandes ou petites fugues viennent coller aux images et idées fortes du texte. L’orchestration est également unique chez Haendel : six solistes (ce soir, cinq) et un orchestre baroque atypique qui accueille trois trombones, deux trompettes et timbales, deux hautbois, un orgue et un clavecin en plus des cordes, conférant à l’œuvre une tonalité d’ensemble imposante et profonde.

Renaud Bouvier

Concerts le samedi 11 novembre 2017 à 20h15 à Neuchâtel (Temple du Bas) et le 12 novembre 2017 à 17h à la Salle de Musique de La Chaux-de-Fonds.

Locations dès le 17 octobre :

Strapontin, Théâtre du Passage, Neuchâtel, 032 717 79 07
Billetterie de L’Heure Bleue, La Chaux-de-Fonds, 032 967 60 50