Prochain concert

Dona nobis pacem – Les cent ans de l’Armistice

Benjamin Britten – Ralph Vaughan Williams – Lili Boulanger

Choeur Cantabile
avec l’Ensemble Symphonique Neuchâtel
sous la direction de Renaud Bouvier

Samedi 10 novembre 2018, Temple du Bas, Neuchâtel
Dimanche 11 novembre 2018, Salle de Musique, La Chaux-de-Fonds

Dona nobis pacem — les cent ans de l’Armistice

Après deux ans consacrés à de la musique ancienne (Requiem de Mozart, 2016, Israël en Egypte de Haendel, 2017), Cantabile revient cette année au plaisir de proposer à ses choristes et au public des oeuvres plus rares et néanmoins dignes d’être connues. Ces programmes toujours appréciés du public et de la presse demandent un effort conséquent de la part du choeur et espèrent mériter un soutien financier à hauteur de leur ambition.

Benjamin Britten, Ralph Vaughan Williams et Lili Boulanger forment le trio de compositeurs choisis par Renaud Bouvier pour marquer, à notre échelle, le centenaire de l’Armistice de 1918. Hasard du calendrier (?), nous donnerons ces deux concerts les 10 et 11 novembre, soit au jour près la date de cet heureux anniversaire ! Cette musique nous touche toujours de très près, devant l’urgence renouvelée de faire face aux conflits armés.

 

 

Benjamin Britten : Ballad of Heroes (1913-1976) op. 14 (1939)

Écrit pour large orchestre, soprano ou ténor soliste et choeur, Ballad of Heroes préfigure à bien des égards le splendide War Requiem crée en 1962. Au-delà des parentés strictement musicales, on y trouve déjà l’hostilité viscérale de Britten à l’égard de toute guerre. Sur un texte de Wystan Hugh Auden (écrivain reporter durant la guerre d’Espagne), Britten alterne marche funèbre, danse de la Mort (un scherzo véritablement endiablé), récitatif et choral, puis reprise de la marche funèbre. Cette oeuvre imposante, quoique de courte durée (25 minutes), nous émeut par sa densité et sa profondeur.

 

 

 

Ralph Vaughan Williams (1872-1958) : Dona nobis pacem (1936)

Mobilisé en France en 1914, Vaughan Williams fut marqué à jamais par les horreurs qu’il y a vécues et traversées. Lors de la montée des fascismes des années 30, le compositeur considéra qu’un artiste devait mettre toutes ses forces en faveur de la paix. Empruntant les textes du Dona nobis pacem à la Bible et surtout à l’immense poète américain Walt Whitman, le compositeur nous livre une grande oeuvre, de haute tenue textuelle et musicale. Ecrite pour soprano et ténor solo, choeur et grand orchestre, cette méditation sur la guerre et la paix dure 40 minutes durant lesquelles l’on passe des larmes du deuil à l’espoir de la paix, dans un élan irrésistible, que met en oeuvre la force musicale, vers la grandeur humaine.

 

Lili Boulanger (1893-1918) : Vieille prière bouddhique (1914)

La jeune et prodigieuse Lili (Marie Juliette) Boulanger n’a pas eu le temps d’écrire longtemps, mais la conscience de la brièveté probable de sa vie (elle mourra des suites de la maladie de Crohn) a suscité chez elle une créativité redoublée. Aux oeuvres de musique de chambre et orchestrale, s’ajoutent de nombreuses pièces religieuses, dont cette unique prière inspirée par le bouddhisme. Le texte est un extrait du Visuddhimagga, traduit par Suzanne Karpelès. Sur un ample et immuable mouvement orchestral, le choeur scande cet appel auquel chaque être vivant a droit : « Que toute chose qui respire, sans ennemis, sans obstacles, surmontant la douleur et atteignant le bonheur puisse se mouvoir, chacune dans la voie qui lui est destinée ». Au-delà du contexte historique tragique auquel se réfèrent ces oeuvres, nous pouvons grâce à elles instaurer ce dialogue entre le monde et nous, et cheminer vers la paix.

Choeur Cantabile

Fondé en 1970 par une forte personnalité neuchâteloise, Georges-Henri Pantillon, le Choeur a évolué au fil des ans et des directeurs, tout en préservant l’essentiel : l’enthousiasme et la passion pour la musique.

En 1970, Georges-Henri Pantillon, pianiste, organiste et professeur de musique à l’Ecole normale cantonale, crée la Chorale du corps enseignant. Devenue Cantabile, enseignants neuchâtelois en 1988, puis Cantabile, choeur symphonique neuchâtelois en 1996, le choeur a interprété de très nombreuses oeuvres avec des orchestres et des solistes professionnels, dans son canton et même, à plusieurs reprises, à l’étranger. Les tournées de 1981 en France et en Ecosse, en Tchécoslovaquie en 1988 et en République tchèque en 1995 ont renforcé sa cohésion et sa crédibilité.

A la retraite de son fondateur en 1996, Cantabile devient une société indépendante inscrite au Registre du commerce et se dote d’une structure comprenant un comité bénévole de sept à neuf membres, pour un effectif oscillant entre 110 et 140 choristes.

Le choeur engage alors Jean-Claude Fasel, talentueux chef de choeurs et d’orchestre fribourgeois. Et, dès 1999, lance un partenariat fructueux avec l’Orchestre de chambre de Neuchâtel. Les liens tissés avec ses musiciens professionnels seront renouvelés en 2008 lors de la création de l’Ensemble Symphonique Neuchâtel.

En 2009, pour remplacer Jean-Claude Fasel, Cantabile, choeur symphonique neuchâtelois fait appel à Adriana Boczkowska, puis en 2010, à Renaud Bouvier. Assisté de la pianiste Christelle Evard, le directeur actuel de Cantabile poursuit un important travail de progression musicale qui ne fait que renforcer l’état d’esprit enthousiaste qui règne parmi les choristes.

Renaud Bouvier, directeur

Renaud Bouvier a pris la direction du choeur symphonique neuchâtelois Cantabile en janvier 2010 et, depuis, explore avec lui le répertoire pour grand choeur et orchestre : le Gloria de Poulenc et le Schicksalslied de Brahms (2010), le vaste Paulus de Mendelssohn (2011), la Messe en ut mineur de Mozart (2012), A Child of Our Time de Michael Tippett (2013), Ein deutsches Requiem de Brahms (2014), des psaumes de Stravinsky, Bernstein, Pärt et Gorecki (2015), le Requiem de Mozart (2016) et Israel in Egypt de G. F. Haendel (2017).

Renaud Bouvier achève sa formation de direction d’orchestre en 2002, chez Hervé Klopfenstein au Conservatoire de Lausanne, après des études de basson, de chant, d’analyse musicale et d’orchestration. Également licencié en lettres de l’Université de Lausanne, il a été assistant en littérature française et mène toujours des mandats de recherche et d’édition en littérature française.

Il dirige actuellement à Lausanne le choeur d’oratorio Hostias, qu’il a fondé en 2003, et Les Vocalistes Romands, avec lesquels il se consacre au répertoire exigeant du choeur de chambre, du XVIIe au XXIe siècle, le plus souvent a capella. En 2012, Renaud Bouvier a donné le Stabat Mater de Fabrizio Di Donato avec ces deux ensembles et la Messe à six voix de Valentin Villard avec les Vocalistes Romands.

Renaud Bouvier fonde en 2009 l’Académie vocale de Suisse romande, choeur de chambre professionnel, dont il a dirigé le premier enregistrement : Missa Choralis de Franz Liszt avec l’organiste Benjamin Righetti, pour le label français K 617. Ce premier disque a reçu le prix Hector Berlioz 2012 du meilleur enregistrement de musique sacrée 2012 de l’Académie du disque lyrique à Paris.

En décembre 2012, il dirige l’Académie vocale de Suisse romande et l’Orchestre de Chambre de Lausanne dans le Magnificat de J.-S. Bach et, en mai 2013, dans le Vin herbé de Frank Martin avec le Quatuor Sine Nomine, à l’Opéra de Lausanne dans le cadre du Festival Sine Nomine pour les 30 ans du quatuor.

Ensemble symphonique Neuchâtel (ESN)

Le Choeur Cantabile collabore depuis 2009 avec l’ESN, acteur essentiel dans le paysage culturel de la région neuchâteloise.

L’Ensemble Symphonique Neuchâtel – ESN a été fondé en juillet 2008 et est issu de la fusion des deux orchestres de la ville, l’Orchestre de chambre de Neuchâtel et l’Orchestre symphonique de Neuchâtel.

Il devient dans le même temps l’unique orchestre symphonique professionnel du canton, avec pour vocation de rayonner dans toute la région, en Suisse et au-delà des frontières. Il se produit dans une formation à géométrie variable, de l’orchestre de chambre au grand symphonique et a pour mission de faire entendre la musique à un large public.

L’ensemble collabore avec les différents acteurs et événements musicaux régionaux (compagnies d’opéra, choeurs, salles de spectacles, etc.). Il propose également une série de spectacles intégrant les écoliers du canton, une aventure qui parvient à offrir une expérience de concert à plus de 3000 enfants chaque année.

Depuis le printemps 2010, Alexander Mayer est le directeur musical de l’Ensemble. Sous son impulsion, l’ESN a initié des projets dépassant le cadre strict du concert. Soucieux d’une véritable rencontre entre l’orchestre et les publics, l’ESN a ainsi lancé le projet d’actions culturelles sOuNd qui permet un accès pour tous à la musique.

Marie Lys, soprano

Lauréate de plusieurs bourses et de nombreux prix, dont le premier grand prix du Concours Bellini 2017, Marie Lys chante sous la direction de chefs tels que Michel Corboz, Laurence Cummings, Daniel Reuss, Sigiswald Kuijken et Guillaume Tourniaire sur les scènes de grands festivals. Après des études à l’HEMU Lausanne, elle obtient un master avec distinction au Royal College of Music de Londres puis rejoint l’International Opera School, dans la classe d’Amanda Roocroft. Elle a notamment incarné Adele (Die Fledermaus) et la Reine de la Nuit (Die Zauberflöte) à l’International Opera School, Galatea (Acis and Galatea) avec la compagnie Opéra Louise, Nanetta (Falstaff) au Woodhouse Opera et le rôle de Mina lors de la première mondiale de Dracula ou la symphonie inachevée de Thierry Besançon. Elle travaille régulièrement avec le pianiste João Araújo avec qui elle a fondé le Duo Dalma.

Michaël Feyfar, ténor

Michael Feyfar a commencé le chant à la Maîtrise de Bâle. A seize ans, il se lance dans la musique en étudiant le cor chez B. Schneider à Genève et le chant à la Hochschule für Musik und Theater de Berne / Bienne. En été 2003, il obtient son diplôme de chant à Berne. Il poursuit ses études à Karlsruhe. De 2006 à 2009, il perfectionne ses connaissances et élargi son répertoire, du baroque au romantique, à la Schola Cantorum Basiliensis. Sa carrière de soliste l’a amené à participer à de grands festivals d’Europe (notamment le Festival de musique baroque à Londres, les semaines de Munich, les pèlerinages à Weimar et le festival de Stuttgart). Souvent à l’affiche d’opéras en Suisse et à l’étranger, Michael Feyfar est membre de l’opéra de Berne, ou il a tenu récemment le rôle de Tamino dans « La Flûte enchantée », Narraboth dans « Salomé » et le rôle principal dans « Der Vetter aus Dingsda ». Il est lauréat de la Fondation Ernst Göhner et du Pourcent Culturel Migros.

Cantabile dans la presse

« Cantabile chante Haendel »

Le magnifique oratorio proposé met en valeur le choeur. Le Moment Baroque avec ses instruments anciens et ses talentueux musiciens, apporte aux choristes le soutien nécessaire pour une interprétation proche de l’époque à laquelle l’oeuvre a été composée.

(L’Express & L’Impartial, novembre 2017)

« Une authenticité d’interprétation qui ne trompe pas »

L’interprétation de Cantabile, une centaine de choristes, des registres bien équilibrés, est le magnifique reflet de la vie musicale de nos régions. De la réalisation du Requiem, vivante et chaleureuse, se dégageait (…) une authenticité qui ne trompe pas.

(L’Express & L’Impartial, novembre 2016)

« Un programme cohérent dans son contenu et son parcours »

Au programme, une exploration de la musique vocale du 20e siècle… Indéniablement, l’entreprise était audacieuse, elle ne l’est pas en soi mais bien parce qu’il n’y a pas, par ici, un large public passionné par ces compositeurs. Erreur. Cantabile a relevé le défi

(L’Express & L’Impartial, novembre 2015)

« Un profond sentiment a parcouru le Requiem de Brahms »

Pièce après pièce, on découvre la compétence du choeur, la sûreté d’un style, on est en plein romantisme, mais surtout l’accent de sincérité, aussi puissant qu’émouvant, qu’il rend à la partition.

(L’Express & L’Impartial, novembre 2014)

« Le choeur passe avec brio des ténèbres à la lumière »

Renaud Bouvier, à la tête du choeur Cantabile, semble avoir défié les limites de son ensemble : il se révèle excellent. Il sait varier les registres tantôt lourds et puissants, puis d’une tendresse lumineuse. L’Ensemble Symphonique Neuchâtel atteint des sommets d’exactitude et de musicalité. On a rarement entendu un tel équilibre entre choeur et orchestre.

(L’Express & L’Impartial, novembre 2013)